Le triomphe de la République par Dalou (place de la Nation, Paris) Le triomphe de la République par Dalou (place de la Nation, Paris) Le triomphe de la République par Dalou (place de la Nation, Paris)

Le triomphe de la République par Dalou (place de la Nation, Paris)

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Seins, sexe et bas blancs: Delacroix a ainsi mis en scène son fantasme dans un tableautin. Un même fondu lumineux associe le buste et le ventre, le reste du corps paraissant terne par comparaison. Le sexe, lui, est littéralement placé au centre de la toile. Les bas, d’un blanc virginal à l’éclat bleuté, dessinent une jambe fine, adolescente presque, et un pied étroit. Ce blanc pur se déploie sur le drap mais il est comme corrompu par la touche - des éjaculations nacrées qui rayonnent depuis le corps de la femme. Les perles, ordinairement symboles de l’innocence, se perdent dans le cou et les cheveux. Delacroix a placé
un visage d’allégorie sur un corps de prostituée mais au final ce sont bien les formes serpentines qui rivent l’attention du spectateur - non sans un certain malaise d’ailleurs: vautrée sur un velours vermillon, cette fille se vend et ce commerce est âpre. Où sommes-nous ? Au théâtre, introduit par ce rideau rouge et or aux immenses plissements lourds. La fille pose, elle sait que ses bras tendus sous la nuque rendent les seins plus ronds et que les jambes croisées magnifient les hanches. Mais elle ne va pas jusqu’à feindre et, par une oeillade de connivence, prendre part au désir du peintre. Non, elle détourne son regard de nous, comme dégoûtée de ce jeu et d’elle-même.
  1. Camera: Nikon D3000
  2. Aperture: f/5,3
  3. Exposure: 1/10th
  4. Focal Length: 48mm
"Nous t’aurons, histoire romantique!" L’étude des traces qu’une société laisse dans l’espace urbain est un indice très sûr des dominations de classes qui la régissent. Néanmoins il ne sera ici question que d’intuitions éparses - celles du flâneur figeant de Londres les quelques images qui le choquent puisqu’il ne sera pas ici question de beauté. La seconde limitation de cette réflexion tient au peu de temps passé dans cette ville - une semaine il y a dix ans et une semaine aujourd’hui. Londres écrase avec véhémence les traces de son passé. Plusieurs manifestations de cette abolition de l’ancien se rencontrent. Tout d’abord, les urbanistes londoniens se sont affranchis de la ligne d’horizon engendrée par l’histoire. Ainsi cette demeure de briques et d’ardoise a été entourée d’une haute gangue de métal et de béton qu’allège à peine le verre (photo 1). Que les constructions soient modestes comme celle-ci ou qu’elles symbolisent des pans entiers de l’histoire nationale comme la cathédrale Saint-Paul (photo 2), le châtiment est identique: les façades modernes leur font écran et peu importe la dissonance visuelle et l’indigence formelle de ces dernières. La dégradation du panorama urbain passe logiquement par la destruction de parcelles de superficie plus ou moins étendues. Deux types de quartiers sont ainsi altérés : la City et la zone des docks (photos 3 et 4). The Shard et consorts ont en commun d’être des masses instables, bleu noir, dominatrices: autrement dit, il est impossible de ne pas les voir, elles ont été conçues à cette fin. Elles cassent par leur hauteur démesurée la ligne d’horizon, elles vont à l’encontre du goût poussé pour la symétrie de l’architecture néoclassique qui prévaut ailleurs dans Londres et elles sont enfin un défi aux harmonies colorées antérieures - les blancs grisés des beaux bâtiments et le rouge brique des immeubles ouvriers. Dans la zone des docks, en dépit de quelques rénovations subtiles, les grues sont là encore à l’oeuvre. Je suis incapable d’analyser dans quel sens et sous quelles modalités la destruction d’un ordre urbain et la ruine d’un ordre social se soutiennent l’une l’autre. Néanmoins deux caractéristiques de cette évolution me frappent. Tout d’abord, c’est le centre de la ville qui est touché par cette entreprise d’anéantissement, cet espace qui dans les villes d’Europe est le garant de la mémoire et un moyen de l’entretenir. De plus, les espaces les plus traditionnellement bourgeois sont frappés au même titre que les plus laborieux. Si l’on se réfère à la petite image achetée dans un musée, l’histoire commence au 20e siècle par une centrale électrique et elle trouve son apogée dans le Shard. Devons-nous nous incliner devant ce fantasme? "Nous t’aurons, histoire romantique!" L’étude des traces qu’une société laisse dans l’espace urbain est un indice très sûr des dominations de classes qui la régissent. Néanmoins il ne sera ici question que d’intuitions éparses - celles du flâneur figeant de Londres les quelques images qui le choquent puisqu’il ne sera pas ici question de beauté. La seconde limitation de cette réflexion tient au peu de temps passé dans cette ville - une semaine il y a dix ans et une semaine aujourd’hui. Londres écrase avec véhémence les traces de son passé. Plusieurs manifestations de cette abolition de l’ancien se rencontrent. Tout d’abord, les urbanistes londoniens se sont affranchis de la ligne d’horizon engendrée par l’histoire. Ainsi cette demeure de briques et d’ardoise a été entourée d’une haute gangue de métal et de béton qu’allège à peine le verre (photo 1). Que les constructions soient modestes comme celle-ci ou qu’elles symbolisent des pans entiers de l’histoire nationale comme la cathédrale Saint-Paul (photo 2), le châtiment est identique: les façades modernes leur font écran et peu importe la dissonance visuelle et l’indigence formelle de ces dernières. La dégradation du panorama urbain passe logiquement par la destruction de parcelles de superficie plus ou moins étendues. Deux types de quartiers sont ainsi altérés : la City et la zone des docks (photos 3 et 4). The Shard et consorts ont en commun d’être des masses instables, bleu noir, dominatrices: autrement dit, il est impossible de ne pas les voir, elles ont été conçues à cette fin. Elles cassent par leur hauteur démesurée la ligne d’horizon, elles vont à l’encontre du goût poussé pour la symétrie de l’architecture néoclassique qui prévaut ailleurs dans Londres et elles sont enfin un défi aux harmonies colorées antérieures - les blancs grisés des beaux bâtiments et le rouge brique des immeubles ouvriers. Dans la zone des docks, en dépit de quelques rénovations subtiles, les grues sont là encore à l’oeuvre. Je suis incapable d’analyser dans quel sens et sous quelles modalités la destruction d’un ordre urbain et la ruine d’un ordre social se soutiennent l’une l’autre. Néanmoins deux caractéristiques de cette évolution me frappent. Tout d’abord, c’est le centre de la ville qui est touché par cette entreprise d’anéantissement, cet espace qui dans les villes d’Europe est le garant de la mémoire et un moyen de l’entretenir. De plus, les espaces les plus traditionnellement bourgeois sont frappés au même titre que les plus laborieux. Si l’on se réfère à la petite image achetée dans un musée, l’histoire commence au 20e siècle par une centrale électrique et elle trouve son apogée dans le Shard. Devons-nous nous incliner devant ce fantasme? "Nous t’aurons, histoire romantique!" L’étude des traces qu’une société laisse dans l’espace urbain est un indice très sûr des dominations de classes qui la régissent. Néanmoins il ne sera ici question que d’intuitions éparses - celles du flâneur figeant de Londres les quelques images qui le choquent puisqu’il ne sera pas ici question de beauté. La seconde limitation de cette réflexion tient au peu de temps passé dans cette ville - une semaine il y a dix ans et une semaine aujourd’hui. Londres écrase avec véhémence les traces de son passé. Plusieurs manifestations de cette abolition de l’ancien se rencontrent. Tout d’abord, les urbanistes londoniens se sont affranchis de la ligne d’horizon engendrée par l’histoire. Ainsi cette demeure de briques et d’ardoise a été entourée d’une haute gangue de métal et de béton qu’allège à peine le verre (photo 1). Que les constructions soient modestes comme celle-ci ou qu’elles symbolisent des pans entiers de l’histoire nationale comme la cathédrale Saint-Paul (photo 2), le châtiment est identique: les façades modernes leur font écran et peu importe la dissonance visuelle et l’indigence formelle de ces dernières. La dégradation du panorama urbain passe logiquement par la destruction de parcelles de superficie plus ou moins étendues. Deux types de quartiers sont ainsi altérés : la City et la zone des docks (photos 3 et 4). The Shard et consorts ont en commun d’être des masses instables, bleu noir, dominatrices: autrement dit, il est impossible de ne pas les voir, elles ont été conçues à cette fin. Elles cassent par leur hauteur démesurée la ligne d’horizon, elles vont à l’encontre du goût poussé pour la symétrie de l’architecture néoclassique qui prévaut ailleurs dans Londres et elles sont enfin un défi aux harmonies colorées antérieures - les blancs grisés des beaux bâtiments et le rouge brique des immeubles ouvriers. Dans la zone des docks, en dépit de quelques rénovations subtiles, les grues sont là encore à l’oeuvre. Je suis incapable d’analyser dans quel sens et sous quelles modalités la destruction d’un ordre urbain et la ruine d’un ordre social se soutiennent l’une l’autre. Néanmoins deux caractéristiques de cette évolution me frappent. Tout d’abord, c’est le centre de la ville qui est touché par cette entreprise d’anéantissement, cet espace qui dans les villes d’Europe est le garant de la mémoire et un moyen de l’entretenir. De plus, les espaces les plus traditionnellement bourgeois sont frappés au même titre que les plus laborieux. Si l’on se réfère à la petite image achetée dans un musée, l’histoire commence au 20e siècle par une centrale électrique et elle trouve son apogée dans le Shard. Devons-nous nous incliner devant ce fantasme? "Nous t’aurons, histoire romantique!" L’étude des traces qu’une société laisse dans l’espace urbain est un indice très sûr des dominations de classes qui la régissent. Néanmoins il ne sera ici question que d’intuitions éparses - celles du flâneur figeant de Londres les quelques images qui le choquent puisqu’il ne sera pas ici question de beauté. La seconde limitation de cette réflexion tient au peu de temps passé dans cette ville - une semaine il y a dix ans et une semaine aujourd’hui. Londres écrase avec véhémence les traces de son passé. Plusieurs manifestations de cette abolition de l’ancien se rencontrent. Tout d’abord, les urbanistes londoniens se sont affranchis de la ligne d’horizon engendrée par l’histoire. Ainsi cette demeure de briques et d’ardoise a été entourée d’une haute gangue de métal et de béton qu’allège à peine le verre (photo 1). Que les constructions soient modestes comme celle-ci ou qu’elles symbolisent des pans entiers de l’histoire nationale comme la cathédrale Saint-Paul (photo 2), le châtiment est identique: les façades modernes leur font écran et peu importe la dissonance visuelle et l’indigence formelle de ces dernières. La dégradation du panorama urbain passe logiquement par la destruction de parcelles de superficie plus ou moins étendues. Deux types de quartiers sont ainsi altérés : la City et la zone des docks (photos 3 et 4). The Shard et consorts ont en commun d’être des masses instables, bleu noir, dominatrices: autrement dit, il est impossible de ne pas les voir, elles ont été conçues à cette fin. Elles cassent par leur hauteur démesurée la ligne d’horizon, elles vont à l’encontre du goût poussé pour la symétrie de l’architecture néoclassique qui prévaut ailleurs dans Londres et elles sont enfin un défi aux harmonies colorées antérieures - les blancs grisés des beaux bâtiments et le rouge brique des immeubles ouvriers. Dans la zone des docks, en dépit de quelques rénovations subtiles, les grues sont là encore à l’oeuvre. Je suis incapable d’analyser dans quel sens et sous quelles modalités la destruction d’un ordre urbain et la ruine d’un ordre social se soutiennent l’une l’autre. Néanmoins deux caractéristiques de cette évolution me frappent. Tout d’abord, c’est le centre de la ville qui est touché par cette entreprise d’anéantissement, cet espace qui dans les villes d’Europe est le garant de la mémoire et un moyen de l’entretenir. De plus, les espaces les plus traditionnellement bourgeois sont frappés au même titre que les plus laborieux. Si l’on se réfère à la petite image achetée dans un musée, l’histoire commence au 20e siècle par une centrale électrique et elle trouve son apogée dans le Shard. Devons-nous nous incliner devant ce fantasme? "Nous t’aurons, histoire romantique!" L’étude des traces qu’une société laisse dans l’espace urbain est un indice très sûr des dominations de classes qui la régissent. Néanmoins il ne sera ici question que d’intuitions éparses - celles du flâneur figeant de Londres les quelques images qui le choquent puisqu’il ne sera pas ici question de beauté. La seconde limitation de cette réflexion tient au peu de temps passé dans cette ville - une semaine il y a dix ans et une semaine aujourd’hui. Londres écrase avec véhémence les traces de son passé. Plusieurs manifestations de cette abolition de l’ancien se rencontrent. Tout d’abord, les urbanistes londoniens se sont affranchis de la ligne d’horizon engendrée par l’histoire. Ainsi cette demeure de briques et d’ardoise a été entourée d’une haute gangue de métal et de béton qu’allège à peine le verre (photo 1). Que les constructions soient modestes comme celle-ci ou qu’elles symbolisent des pans entiers de l’histoire nationale comme la cathédrale Saint-Paul (photo 2), le châtiment est identique: les façades modernes leur font écran et peu importe la dissonance visuelle et l’indigence formelle de ces dernières. La dégradation du panorama urbain passe logiquement par la destruction de parcelles de superficie plus ou moins étendues. Deux types de quartiers sont ainsi altérés : la City et la zone des docks (photos 3 et 4). The Shard et consorts ont en commun d’être des masses instables, bleu noir, dominatrices: autrement dit, il est impossible de ne pas les voir, elles ont été conçues à cette fin. Elles cassent par leur hauteur démesurée la ligne d’horizon, elles vont à l’encontre du goût poussé pour la symétrie de l’architecture néoclassique qui prévaut ailleurs dans Londres et elles sont enfin un défi aux harmonies colorées antérieures - les blancs grisés des beaux bâtiments et le rouge brique des immeubles ouvriers. Dans la zone des docks, en dépit de quelques rénovations subtiles, les grues sont là encore à l’oeuvre. Je suis incapable d’analyser dans quel sens et sous quelles modalités la destruction d’un ordre urbain et la ruine d’un ordre social se soutiennent l’une l’autre. Néanmoins deux caractéristiques de cette évolution me frappent. Tout d’abord, c’est le centre de la ville qui est touché par cette entreprise d’anéantissement, cet espace qui dans les villes d’Europe est le garant de la mémoire et un moyen de l’entretenir. De plus, les espaces les plus traditionnellement bourgeois sont frappés au même titre que les plus laborieux. Si l’on se réfère à la petite image achetée dans un musée, l’histoire commence au 20e siècle par une centrale électrique et elle trouve son apogée dans le Shard. Devons-nous nous incliner devant ce fantasme?

"Nous t’aurons, histoire romantique!" L’étude des traces qu’une société laisse dans l’espace urbain est un indice très sûr des dominations de classes qui la régissent. Néanmoins il ne sera ici question que d’intuitions éparses - celles du flâneur figeant de Londres les quelques images qui le choquent puisqu’il ne sera pas ici question de beauté. La seconde limitation de cette réflexion tient au peu de temps passé dans cette ville - une semaine il y a dix ans et une semaine aujourd’hui. 
Londres écrase avec véhémence les traces de son passé. Plusieurs manifestations de cette abolition de l’ancien se rencontrent. Tout d’abord, les urbanistes londoniens se sont affranchis de la ligne d’horizon engendrée par l’histoire. Ainsi cette demeure de briques et d’ardoise a été entourée d’une haute gangue de métal et de béton qu’allège à peine le verre (photo 1). Que les constructions soient modestes comme celle-ci ou qu’elles symbolisent des pans entiers de l’histoire nationale comme la cathédrale Saint-Paul (photo 2), le châtiment est identique: les façades modernes leur font écran et peu importe la dissonance visuelle et l’indigence formelle de ces dernières. 
La dégradation du panorama urbain passe logiquement par la destruction de parcelles de superficie plus ou moins étendues. Deux types de quartiers sont ainsi altérés : la City et la zone des docks (photos 3 et 4). The Shard et consorts ont en commun d’être des masses instables, bleu noir, dominatrices: autrement dit, il est impossible de ne pas les voir, elles ont été conçues à cette fin. Elles cassent par leur hauteur démesurée la ligne d’horizon, elles vont à l’encontre du goût poussé pour la symétrie de l’architecture néoclassique qui prévaut ailleurs dans Londres et elles sont enfin un défi aux harmonies colorées antérieures - les blancs grisés des beaux bâtiments et le rouge brique des immeubles ouvriers. Dans la zone des docks, en dépit de quelques rénovations subtiles, les grues sont là encore à l’oeuvre. 
Je suis incapable d’analyser dans quel sens et sous quelles modalités la destruction d’un ordre urbain et la ruine d’un ordre social se soutiennent l’une l’autre. Néanmoins deux caractéristiques de cette évolution me frappent. Tout d’abord, c’est le centre de la ville qui est touché par cette entreprise d’anéantissement, cet espace qui dans les villes d’Europe est le garant de la mémoire et un moyen de l’entretenir. De plus, les espaces les plus traditionnellement bourgeois sont frappés au même titre que les plus laborieux. Si l’on se réfère à la petite image achetée dans un musée, l’histoire commence au 20e siècle par une centrale électrique et elle trouve son apogée dans le Shard. Devons-nous nous incliner devant ce fantasme?

Ils s’appartiennent l’un à l’autre, indifférents au monde. Cette Vierge et son enfant ne sont pas pris dans un spectacle. Ils n’ont aucun des oripeaux dont l’histoire sainte accable d’ordinaire ces figures et qui les réduit au rang de signe : auréoles, couronnes ou habits de gloire. Leurs corps n’obéissent pas à un rapport de démonstration. Cette Vierge ne présente pas son enfant au monde (image 3), elle ne le retient pas d’une main araignée (image 4) et elle ne prend pas le masque tragique de la prescience du drame à venir. Non, les yeux mis-clos, ils se soustraient au regard du spectateur, ils semblent même s’absenter à tout ce qui n’est pas sentiment de l’embrassement heureux. Le jeune enfant est soudé à sa mère, son petit bras plonge dans son cou jouant avec le voile que sa mère tente un instant de retenir. Cette étreinte est d’autant plus belle qu’elle est libre: l’enfant cherche sa mère dans une affection sans contrainte. Ils s’appartiennent l’un à l’autre, indifférents au monde. Cette Vierge et son enfant ne sont pas pris dans un spectacle. Ils n’ont aucun des oripeaux dont l’histoire sainte accable d’ordinaire ces figures et qui les réduit au rang de signe : auréoles, couronnes ou habits de gloire. Leurs corps n’obéissent pas à un rapport de démonstration. Cette Vierge ne présente pas son enfant au monde (image 3), elle ne le retient pas d’une main araignée (image 4) et elle ne prend pas le masque tragique de la prescience du drame à venir. Non, les yeux mis-clos, ils se soustraient au regard du spectateur, ils semblent même s’absenter à tout ce qui n’est pas sentiment de l’embrassement heureux. Le jeune enfant est soudé à sa mère, son petit bras plonge dans son cou jouant avec le voile que sa mère tente un instant de retenir. Cette étreinte est d’autant plus belle qu’elle est libre: l’enfant cherche sa mère dans une affection sans contrainte. Ils s’appartiennent l’un à l’autre, indifférents au monde. Cette Vierge et son enfant ne sont pas pris dans un spectacle. Ils n’ont aucun des oripeaux dont l’histoire sainte accable d’ordinaire ces figures et qui les réduit au rang de signe : auréoles, couronnes ou habits de gloire. Leurs corps n’obéissent pas à un rapport de démonstration. Cette Vierge ne présente pas son enfant au monde (image 3), elle ne le retient pas d’une main araignée (image 4) et elle ne prend pas le masque tragique de la prescience du drame à venir. Non, les yeux mis-clos, ils se soustraient au regard du spectateur, ils semblent même s’absenter à tout ce qui n’est pas sentiment de l’embrassement heureux. Le jeune enfant est soudé à sa mère, son petit bras plonge dans son cou jouant avec le voile que sa mère tente un instant de retenir. Cette étreinte est d’autant plus belle qu’elle est libre: l’enfant cherche sa mère dans une affection sans contrainte. Ils s’appartiennent l’un à l’autre, indifférents au monde. Cette Vierge et son enfant ne sont pas pris dans un spectacle. Ils n’ont aucun des oripeaux dont l’histoire sainte accable d’ordinaire ces figures et qui les réduit au rang de signe : auréoles, couronnes ou habits de gloire. Leurs corps n’obéissent pas à un rapport de démonstration. Cette Vierge ne présente pas son enfant au monde (image 3), elle ne le retient pas d’une main araignée (image 4) et elle ne prend pas le masque tragique de la prescience du drame à venir. Non, les yeux mis-clos, ils se soustraient au regard du spectateur, ils semblent même s’absenter à tout ce qui n’est pas sentiment de l’embrassement heureux. Le jeune enfant est soudé à sa mère, son petit bras plonge dans son cou jouant avec le voile que sa mère tente un instant de retenir. Cette étreinte est d’autant plus belle qu’elle est libre: l’enfant cherche sa mère dans une affection sans contrainte.

Ils s’appartiennent l’un à l’autre, indifférents au monde. Cette Vierge et son enfant ne sont pas pris dans un spectacle. Ils n’ont aucun des oripeaux dont l’histoire sainte accable d’ordinaire ces figures et qui les réduit au rang de signe : auréoles, couronnes ou habits de gloire. Leurs corps n’obéissent pas à un rapport de démonstration. Cette Vierge ne présente pas son enfant au monde (image 3), elle ne le retient pas d’une main araignée (image 4) et elle ne prend pas le masque tragique de la prescience du drame à venir. Non, les yeux mis-clos, ils se soustraient au regard du spectateur, ils semblent même s’absenter à tout ce qui n’est pas sentiment de l’embrassement heureux. Le jeune enfant est soudé à sa mère, son petit bras plonge dans son cou jouant avec le voile que sa mère tente un instant de retenir. Cette étreinte est d’autant plus belle qu’elle est libre: l’enfant cherche sa mère dans une affection sans contrainte.

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L’esprit de l’ancêtre ne veut pas vous voir et il ne daignera pas davantage vous adresser la parole ou entendre: il sent votre être et ainsi sait dans l’instant si vous êtes un des siens. La structure du visage reprend la forme de coeur qui caractérise la statuaire Fang, ce qui a ici un triple effet. La bouche est repoussée vers le bas et les yeux semblent d’autant plus étroits qu’ils viennent en contrepoint de paupières immenses; au contraire, le nez immense, finement strié, dépouillé de sa patine blanche, attire l’attention. Les yeux, la bouche et dans une moindre mesure les oreilles, mettent en oeuvre les mêmes formes: des bourrelets de bois sont entourés d’incisions qui désignent les marques de l’âge, les cernes ou l’affaissement des joues. Ces taillades restent légères par comparaison avec la vigueur de la forme sculptée et de ses plans lisses et blancs: de fait, l’ancêtre paraît toujours impassible.
Masque de la société secrète du Ngil, Fang, Gagon (Louvre)
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L’esprit de l’ancêtre ne veut pas vous voir et il ne daignera pas davantage vous adresser la parole ou entendre: il sent votre être et ainsi sait dans l’instant si vous êtes un des siens. La structure du visage reprend la forme de coeur qui caractérise la statuaire Fang, ce qui a ici un triple effet. La bouche est repoussée vers le bas et les yeux semblent d’autant plus étroits qu’ils viennent en contrepoint de paupières immenses; au contraire, le nez immense, finement strié, dépouillé de sa patine blanche, attire l’attention. Les yeux, la bouche et dans une moindre mesure les oreilles, mettent en oeuvre les mêmes formes: des bourrelets de bois sont entourés d’incisions qui désignent les marques de l’âge, les cernes ou l’affaissement des joues. Ces taillades restent légères par comparaison avec la vigueur de la forme sculptée et de ses plans lisses et blancs: de fait, l’ancêtre paraît toujours impassible.
Masque de la société secrète du Ngil, Fang, Gagon (Louvre)

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L’esprit de l’ancêtre ne veut pas vous voir et il ne daignera pas davantage vous adresser la parole ou entendre: il sent votre être et ainsi sait dans l’instant si vous êtes un des siens. La structure du visage reprend la forme de coeur qui caractérise la statuaire Fang, ce qui a ici un triple effet. La bouche est repoussée vers le bas et les yeux semblent d’autant plus étroits qu’ils viennent en contrepoint de paupières immenses; au contraire, le nez immense, finement strié, dépouillé de sa patine blanche, attire l’attention. Les yeux, la bouche et dans une moindre mesure les oreilles, mettent en oeuvre les mêmes formes: des bourrelets de bois sont entourés d’incisions qui désignent les marques de l’âge, les cernes ou l’affaissement des joues. Ces taillades restent légères par comparaison avec la vigueur de la forme sculptée et de ses plans lisses et blancs: de fait, l’ancêtre paraît toujours impassible.

Masque de la société secrète du Ngil, Fang, Gagon (Louvre)

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Chant ou cri, comment savoir? Art ou magie, comment deviner? Comment concevoir qu’un lambeau d’objet nous émeuve à ce point? Les bras de cette figurine d’ivoire ont été brisés, l’usure a effacé les traits de son visage et a fait craquer sa patine, les colonisateurs mercantiles ont anéanti sa mémoire. Cette statuette devient alors sous notre regard un symbole de résistance, toute droite, tendue et criant contre l’injustice : “votre convoitise a ruiné notre peuple et pourtant je demeure”.

  1. Camera: Nikon D3000
  2. Aperture: f/5,6
  3. Exposure: 1/25th
  4. Focal Length: 55mm
Sculpture du royaume d’Ise, Nigeria (Louvre) Sculpture du royaume d’Ise, Nigeria (Louvre)

Sculpture du royaume d’Ise, Nigeria (Louvre)

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Elle n’a pas besoin de vous pour exister : elle vous regarde de haut et vous tient à distance. Les mains sont curieuses: les doigts allongés, fermement croisés, ne sont pas représentés différemment des bracelets de métal des bras ou du collier torsadé. L’effet est double. Non seulement l’espace est clos et marqué autour de l’oeuvre par cet écho de formes mais il est de plus solidement fermé, les mains empruntant aux ornements de métal leur dureté. Le regard ne va pas au-delà cet espace: les yeux sont des globes tombant, trait accentué par les plis des paupières et par les larges sourcils. Cette créature sublime a un corps juvénile, une chevelure domptée et des scarifications régulières. Elle est un esprit de la nature Asie usu.
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Elle n’a pas besoin de vous pour exister : elle vous regarde de haut et vous tient à distance. Les mains sont curieuses: les doigts allongés, fermement croisés, ne sont pas représentés différemment des bracelets de métal des bras ou du collier torsadé. L’effet est double. Non seulement l’espace est clos et marqué autour de l’oeuvre par cet écho de formes mais il est de plus solidement fermé, les mains empruntant aux ornements de métal leur dureté. Le regard ne va pas au-delà cet espace: les yeux sont des globes tombant, trait accentué par les plis des paupières et par les larges sourcils. Cette créature sublime a un corps juvénile, une chevelure domptée et des scarifications régulières. Elle est un esprit de la nature Asie usu.

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Elle n’a pas besoin de vous pour exister : elle vous regarde de haut et vous tient à distance. Les mains sont curieuses: les doigts allongés, fermement croisés, ne sont pas représentés différemment des bracelets de métal des bras ou du collier torsadé. L’effet est double. Non seulement l’espace est clos et marqué autour de l’oeuvre par cet écho de formes mais il est de plus solidement fermé, les mains empruntant aux ornements de métal leur dureté. Le regard ne va pas au-delà cet espace: les yeux sont des globes tombant, trait accentué par les plis des paupières et par les larges sourcils.
Cette créature sublime a un corps juvénile, une chevelure domptée et des scarifications régulières. Elle est un esprit de la nature Asie usu.

L’être louve étreint son petit.Si ces silhouettes évoquent avec autant d’insistance l’animal, c’est en raison du schématisme de cette sculpture. Le visage est allongé comme un museau et il tombe sur la poitrine puisqu’aucun cou ne vient le soutenir. De plus, les mains se résument à des griffures dans le bois. L’enfant est soudé à sa mère et semble n’être qu’un corps pesant incapable de se tenir debout par lui-même. Il faut admettre cependant que l’éclairage de l’exposition accentue l’étrangeté inquiétante de ces créatures à cause des ombres portées qui occultent leurs yeux.Le sculpteur de cette oeuvre ne disposait que de moyens techniques et de ressources formelles limités - creuser des sillons, façonner dans une grume quelques volumes et les dégauchir. Son art a révélé la nature, le tronc de l’arbre, sa puissance brute, au lieu de l’occulter par son habileté transformatrice; cette âpreté  du bois en vient à pénétrer l’humanité représentée. C’est pourquoi le spectateur moderne, lorsqu’il est face à cette statue, fasciné par sa véhémence primitive, laisse affleurer à la surface de sa conscience, ses sentiments les plus anciens. Pour notre grand malheur, nous ne saurons jamais quel regard le Papou portait sur cette oeuvre qui lui appartenait. L’être louve étreint son petit.Si ces silhouettes évoquent avec autant d’insistance l’animal, c’est en raison du schématisme de cette sculpture. Le visage est allongé comme un museau et il tombe sur la poitrine puisqu’aucun cou ne vient le soutenir. De plus, les mains se résument à des griffures dans le bois. L’enfant est soudé à sa mère et semble n’être qu’un corps pesant incapable de se tenir debout par lui-même. Il faut admettre cependant que l’éclairage de l’exposition accentue l’étrangeté inquiétante de ces créatures à cause des ombres portées qui occultent leurs yeux.Le sculpteur de cette oeuvre ne disposait que de moyens techniques et de ressources formelles limités - creuser des sillons, façonner dans une grume quelques volumes et les dégauchir. Son art a révélé la nature, le tronc de l’arbre, sa puissance brute, au lieu de l’occulter par son habileté transformatrice; cette âpreté  du bois en vient à pénétrer l’humanité représentée. C’est pourquoi le spectateur moderne, lorsqu’il est face à cette statue, fasciné par sa véhémence primitive, laisse affleurer à la surface de sa conscience, ses sentiments les plus anciens. Pour notre grand malheur, nous ne saurons jamais quel regard le Papou portait sur cette oeuvre qui lui appartenait.

L’être louve étreint son petit.
Si ces silhouettes évoquent avec autant d’insistance l’animal, c’est en raison du schématisme de cette sculpture. Le visage est allongé comme un museau et il tombe sur la poitrine puisqu’aucun cou ne vient le soutenir. De plus, les mains se résument à des griffures dans le bois. L’enfant est soudé à sa mère et semble n’être qu’un corps pesant incapable de se tenir debout par lui-même. Il faut admettre cependant que l’éclairage de l’exposition accentue l’étrangeté inquiétante de ces créatures à cause des ombres portées qui occultent leurs yeux.
Le sculpteur de cette oeuvre ne disposait que de moyens techniques et de ressources formelles limités - creuser des sillons, façonner dans une grume quelques volumes et les dégauchir. Son art a révélé la nature, le tronc de l’arbre, sa puissance brute, au lieu de l’occulter par son habileté transformatrice; cette âpreté  du bois en vient à pénétrer l’humanité représentée. C’est pourquoi le spectateur moderne, lorsqu’il est face à cette statue, fasciné par sa véhémence primitive, laisse affleurer à la surface de sa conscience, ses sentiments les plus anciens. 
Pour notre grand malheur, nous ne saurons jamais quel regard le Papou portait sur cette oeuvre qui lui appartenait.

Cette statuette ne tient pas debout. Deux étaux métalliques sont nécessaires à son exposition, la partie supérieure de l’oeuvre étant trop pesante en proportion. A moins de supposer un support disparu, on peut en déduire que, contrairement à  aujourd’hui, cette statuette n’était pas primordialement faite pour être vue. 
Tout comme la fonction de cette sculpture du 4e millénaire avant notre ère nous est obscure, son esthétique est déconcertante pour un oeil contemporain. Il ne peut pas simplement y voir un corps de femme tant la forme qu’il contemple est éloignée de la collection des représentations concrètes qu’un esprit moderne range sous l’expression. De fait, nous voyons d’abord deux lobes de tubules gras et sinueux pressant une face poisson - un cerveau qui se serait extrait de son crâne et un visage qui aurait rétréci pour ne conserver que sa structure essentielle: son nez. Les seins, bombés comme des grenades, sont l’autre trait saillant de cette figurine. Dans l’esprit de celui qui l’a façonnée, il n’était manifestement ni utile ni sensé de développer les autres parties du corps : le menton et le front ont quasi-disparu ainsi que les bras ou le ventre. D’où le malaise du spectateur devant cette créature syncopée évoluant dans un rêve très ancien.

  1. Camera: iPhone 4
  2. Aperture: f/2,8
  3. Exposure: 1/15th
  4. Focal Length: 3mm

Statut Barus, Indonésie (musée Barbier-Müller)

  1. Camera: Nikon D3000
  2. Aperture: f/5,6
  3. Exposure: 1/80th
  4. Focal Length: 55mm
Statut Nias, Indonésie (musée Barbier-Mueller) Statut Nias, Indonésie (musée Barbier-Mueller)

Statut Nias, Indonésie (musée Barbier-Mueller)

  1. Camera: Nikon D3000
  2. Aperture: f/5,3
  3. Exposure: 1/25th
  4. Focal Length: 48mm
Figurine Lega, Congo (musée Barbier-Mueller) Figurine Lega, Congo (musée Barbier-Mueller)

Figurine Lega, Congo (musée Barbier-Mueller)

Personnage Pomdo, Sierra Leone (musée Barbier-Mueller) Personnage Pomdo, Sierra Leone (musée Barbier-Mueller)

Personnage Pomdo, Sierra Leone (musée Barbier-Mueller)